Chaque année, la Journée internationale du cancer de l’enfant rappelle une réalité souvent méconnue mais profondément bouleversante : le cancer touche aussi les enfants.
Au Bénin, près de 500 nouveaux cas de cancers pédiatriques sont estimés chaque année.
Derrière ces chiffres se cachent des familles, des parcours de soins complexes et, surtout, un enjeu majeur de santé publique : le dépistage précoce et l’accès rapide à une prise en charge spécialisée. En 2026, cette journée est l’occasion de renforcer la sensibilisation, de mieux faire connaître les cancers infantiles et de mettre en lumière les avancées importantes réalisées dans le pays, notamment grâce à l’engagement de l’État béninois et de la Fondation Claudine Talon.
Le cancer de l’enfant : une réalité différente de celle de l’adulte
Les cancers chez l’enfant diffèrent de ceux observés chez l’adulte, tant par leur origine que par leur évolution. Contrairement aux cancers liés aux modes de vie, les cancers pédiatriques sont souvent d’origine encore mal comprise et surviennent brutalement. Parmi les principaux cancers de l’enfant diagnostiqués au Bénin, on retrouve :
- La leucémie aiguë, cancer du sang et de la moelle osseuse, le plus fréquent chez l’enfant ;
- Le lymphome de Burkitt, forme agressive touchant les ganglions, souvent localisée au niveau de l’abdomen ou de la mâchoire ;
- Le lymphome de Hodgkin, caractérisé par des ganglions indolores persistants ;
- Le rétinoblastome, cancer de l’œil pouvant entraîner une perte de la vision s’il n’est pas détecté tôt ;
- Le néphroblastome, cancer du rein chez l’enfant, souvent révélé par une masse abdominale.
Bien que graves, ces cancers peuvent être guéris dans une large proportion des cas lorsque le diagnostic est posé précocement et que la prise en charge est adéquate.
Reconnaître les signes d’alerte : un réflexe vital
L’un des principaux défis du cancer de l’enfant reste le diagnostic tardif, souvent lié à la banalisation des premiers symptômes. Certains signes doivent pourtant alerter les parents et les professionnels de santé :
- fièvres répétées ou persistantes malgré les traitements ;
- saignements inhabituels ou ecchymoses fréquentes ;
- masse abdominale, gonflements anormaux ou ganglions persistants ;
- douleurs inexpliquées ;
- fatigue intense ;
- œil qui louche ou reflet blanc dans la pupille ;
- perte de poids rapide.
Ces signes ne signifient pas systématiquement un cancer, mais ils justifient toujours une consultation médicale rapide. Le dépistage précoce est un facteur déterminant pour améliorer les chances de guérison.
Le centre national de référence en oncologie pédiatrique : un tournant majeur
La lutte contre le cancer de l’enfant au Bénin a connu une avancée décisive grâce à la mise en place d’un centre national de référence dédié à la prise en charge des cancers pédiatriques à Porto-Novo au Bénin, au sein du CHD Ouémé-Plateau.
Ce centre, construit et soutenu par la Fondation Claudine Talon, offre :
- une prise en charge médicale gratuite des enfants atteints de cancer ;
- des soins spécialisés en oncologie pédiatrique ;
- des médicaments, équipements et un suivi nutritionnel adaptés ;
- un accompagnement psychologique pour les enfants et leurs familles.
À proximité, une Maison des Parents, également mise en place par la Fondation Claudine Talon, permet d’héberger gratuitement les familles pendant toute la durée du traitement, réduisant ainsi les barrières financières et sociales à l’accès aux soins.
Ces infrastructures constituent aujourd’hui un pilier essentiel de la stratégie nationale de lutte contre le cancer de l’enfant.


Le rôle clé du PNLMNT et des partenaires
Sous le leadership du Ministère de la Santé, le Programme National de Lutte contre les Maladies Non Transmissibles (PNLMNT) œuvre, en collaboration avec les hôpitaux, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers, pour :
- renforcer la sensibilisation au dépistage précoce ;
- améliorer l’orientation rapide des enfants vers les structures spécialisées ;
- soutenir les familles tout au long du parcours de soins.
La lutte contre le cancer de l’enfant s’inscrit ainsi pleinement dans la stratégie nationale de lutte contre le cancer et dans le Plan National de Lutte contre le Cancer 2024–2028.
Agir ensemble pour offrir un avenir aux enfants
Le cancer de l’enfant n’est pas une fatalité. Détecté tôt, il peut être soigné et guéri. La vigilance des parents, la formation des professionnels de santé, l’existence de centres spécialisés et l’engagement des pouvoirs publics sont autant de leviers essentiels pour sauver des vies.
À l’occasion de la Journée internationale du cancer de l’enfant 2026, le PNLMNT appelle à une mobilisation collective pour :
- reconnaître précocement les signes d’alerte ;
- consulter sans attendre ;
- soutenir les enfants malades et leurs familles.
Chaque enfant mérite une chance de guérir, de grandir et de construire son avenir. Agir tôt, c’est déjà sauver une vie.